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Psychologue clinicienne de formation, Amandine Edard s’est rapidement orientée vers les thérapies de couple et la sexologie. Après plusieurs années de formation, elle devenue formatrice en sexothérapie auprès de professionnels (médecins, gynécologues, psychologues, kiné, ostéo…). Aujourd’hui, elle écrit une thèse sur la sexualité de la femme et consulte en cabinet libéral.

  • Quand et à quel moment est-il conseillé de consulter un sexologue ?

Le meilleur moment, c’est le moment où vous vous sentez prêt(e) !! On peut consulter pour répondre à une simple question, à une question complexe, parce qu’on rencontre une difficulté récente ou récurrente, pour se rassurer, pour comprendre certaines choses, pour apprendre différemment !

  • La consultation doit-elle se faire seule ou en couple ?

Les deux sont possibles. Il s’agit de voir comment vous êtes le plus à l’aise. En vous expliquant pour quelles raisons, le sexologue vous proposera dans les rendez-vous qui suivront le 1er, de venir seul(e) ou de venir avec votre partenaire. Vous pourrez alors parler avec lui de vos craintes à ce sujet.

  • Dans une société où le jugement de l’autre est omniprésent, comment passer le cap et consulter ?

Le sexologue ou sexothérapeute est formé pour ne pas juger d’une part et d’autre part, il voit beaucoup de personnes avec des problématiques similaires à la vôtre et différentes, donc lui n’est pas dans le jugement. Néanmoins, si vous vous sentez jugé(e) par le professionnel, il vous appartient de le mentionner avec lui et/ou de ne pas poursuivre avec cette personne.

Quand on aborde un sujet aussi intime que notre propre sexualité, il est essentiel de se sentir à l’aise. Cela fait partie du travail du thérapeute de créer ce qu’on appelle l’alliance thérapeutique, c’est-à-dire la confiance entre le professionnel et le patient.

  • Comment se déroule une séance ?

La ou les premières séances permettent au professionnel de comprendre ce que vous attendez de la prise en charge, vous parlez de vous et il vous pose des questions pour cerner les différents aspects du problème. Il résume ensuite sous forme d’hypothèses vos difficultés pour vérifier qu’il a bien compris et vous propose un « plan de bataille », un projet thérapeutique afin d’atteindre les objectifs définis ensemble. Généralement le projet thérapeutique ou sexo-thérapeutique comprend de la sexo-information sur le fonctionnement de la sexualité, de l’homme, de la femme et du couple ; un travail sur vos cognitions (ce que vous vous dites en situation et sur la situation) et un travail sur vos comportements et la modification de vos comportements afin d’atteindre vos objectifs.

  • Est-ce encore tabou de parler de sexe aujourd’hui ?

Oui, c’est encore tabou de parler de SA sexualité. On parle beaucoup de sexe aujourd’hui, partout, mais aborder en détail comment on fonctionne, nous, dans notre lit… C’est une autre histoire ! Le sujet de la sexualité est abordé sous toutes ses formes, mais malheureusement, c’est souvent de la mésinformation. Les médias véhiculent beaucoup de mauvaises idées sur le sujet et valident, par ce biais des croyances dysfonctionnelles qui nous handicapent dans notre vie sexuelle.

  • Le sexe en 2019 : comment assumer ses goûts et ne pas en avoir honte ?

Les clés de l’épanouissement sexuel sont la connaissance et le respect de soi : si je me connais et me respecte, alors je vais pouvoir aider mon/ma partenaire à me connaitre, me comprendre, me faire plaisir. Et si je me fais plaisir, cela fait plaisir à l’autre, le rassure, le renforce !

Il y a souvent une confusion : puisque c’est une activité que l’on fait à 2, alors il faut se centrer sur l’autre et sur le plaisir de l’autre. C’est une erreur de jugement : connais-toi toi-même est un préalable indispensable. Le respect quant à lui, c’est d’affirmer qui je suis aux yeux de l’autre. Il est impossible de prendre du plaisir si je ne défends pas mes droits : droit au plaisir, droit d’aimer ceci, de ne pas aimer cela… Enfin, il n’y a pas de norme dans la sexualité. Ce n’est pas normal ou pathologique… Il y a ce qui fonctionne et ce qui dysfonctionne. En sexothérapie, on va regarder ce qui dysfonctionne et proposer des changements pour que ça fonctionne. Alors vous pouvez assumer vos choix, vos goûts, vos besoins !!

  • La thérapie par le sexe a-t-elle le vent en poupe en 2019 ?

Elle a le vent en poupe depuis plusieurs années. Les messages que nous envoie la société, nous amène à nous poser beaucoup de questions sur notre propre fonctionnement : est-ce que je suis normal(e) ? est-ce que je fonctionne assez bien ? Assez longtemps ? assez rapidement ? Assez sexy ? assez séducteur ? Il en résulte des pensées de performance qui amènent généralement des comportements dysfonctionnels. Et puis la sexualité évolue au fil de la vie, la question n’est pas : est-ce que j’aurai des problèmes sexuels un jour ? mais plutôt quand aurais-je des problèmes sexuels et qu’est-ce que je ferai pour les résoudre ?

  • Comment faire face à l’infidélité et la surmonter ?

Je préfère parler de relation extraconjugale (REC). Faire face à une REC est un processus souvent difficile et complexe, qui nécessiterai la plupart du temps un accompagnement extérieur. Plusieurs éléments méritent d’être soulevé :

  1. La REC est toujours à contextualiser : cela n’arrive pas à n’importe qui, à n’importe quel moment de sa vie, dans n’importe quel couple, avec n’importe qui… Il y a un contexte qui ne doit pas excuser l’acte mais permettre de le comprendre.
  2. Dans ce contexte, il est assez rare qu’une REC arrive dans un couple qui fonctionne bien. Il s’agit donc de redistribuer les responsabilités du mal-être du couple et non de l’acte de la REC qui elle, est la responsabilité de celui qui la commet.
  3. La personne qui vit une REC est donc la seule responsable de cet acte. Et c’est généralement elle qui a un problème avec l’engagement, l’attachement ou la résolution de problème… Je m’explique : même si le couple ne va pas très bien, la solution trouvée par la personne qui vit la REC et de vivre une autre relation sexuelle, amoureuse, amicale… Si sa vie de couple ne lui convenait pas, elle aurait pu choisir d’en parler, de consulter, d’avoir plus d’attentions envers l’autre, de programmer des vacances avec l’autre… Mais non, par des processus conscients et inconscients, elle a choisi de vivre une REC. D’autre part, la personne qui a été « trompée » et qui l’apprend est souvent désespérée et se remet beaucoup en question : s’imagine qu’il/elle n’est pas assez bien, pas assez sexy, pas assez séducteur, pas assez attentionné(e), pas assez performant(e) sexuellement… Toutes ces pensées sont des croyances qui donnent un sens à l’acte mais qui sont souvent fausses. Ce n’est pas à la « victime » de se remettre en question, mais à celui/celle qui a vécu a REC : pourquoi cette REC ? Pourquoi à ce moment-là ? n’aurait-il pas pu trouver un autre moyen de résoudre ses problèmes personnels ou de couple ? Etc.
  4. Dans le meilleur des cas, la REC peut être vécue comme une sonnette d’alarme pour redéfinir le couple, le redynamiser et le modifier pour y trouver plus d’épanouissement personnel.
  • Comment expliquer la baisse de plaisir au cours du temps ?

Je ne crois pas qu’il y ait une baisse de plaisir au cours du temps… pas de baisse de plaisir inévitable… Le plaisir dépend de comment je pratique ma sexualité, de ce que j’y met dedans, de comment je me connais et de comment je fais respecter mes besoins !

En revanche, on peut noter une baisse de désir au cours du temps dans beaucoup de couples. Comme je le disais plus haut, la sexualité demande un investissement. Cet investissement est logique et accessible à tous, au début de la relation : on a envie de découvrir l’autre, on a envie de séduire l’autre et il y a tout l’aspect nouveau, parfois interdit… Et dans beaucoup de cas, on a plus de temps : pas d’enfant, moins de contrainte… Alors on investit massivement dans les aspects de séduction, d’érotisme et de sexualité de la relation. Par exemple, on se maquille, on s’habille élégamment, on met de jolis sous-vêtements, on se parfume, on se présente sous notre meilleur jour, on a plein de pensées positives sur le fait qu’on va retrouver notre amoureux(se) et dans la sexualité, on explore plein de choses pour découvrir l’autre. Du même coup cela nourrit une belle image de nous. C’est tout bénèf !! Et puis quand la relation est bien installée : on s’habille moins souvent pour plaire à l’autre, on prend moins de temps pour se préparer, on a moins besoin de séduire l’autre (il/elle est là tous les jours !! on n’a pas peur de le/la perdre), on a moins de temps pour nourrir des pensées positives (« il a encore oublié de sortir les poubelles », « elle a encore mis son pyjama pilou !! »), et dans la sexualité, on sait ce qu’il aime, on sait ce qu’elle aime. On explore plus. On fait toujours la même chose. Et puis on n’a pas le temps, et puis on est fatigué, et puis… et puis… Voila ce qui explique la baisse de désir sexuel dans les couples.

Tout cela n’est pas une fatalité ! N’oubliez pas que la sexualité se nourrit de diversité ! Et si c’est trop difficile de changer vos habitudes ou les habitudes de votre bien-aimé(e), alors venez nous voir !!

Pour prendre rendez-vous avec Amandine Edard :

https://www.doctoome.com/s/sexologue/bruges/amandine-edard

http://www.psybordeaux.fr

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Emilie House

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